« NOUS » dans la musique

L’année 2018-19, j’aimerais prolonger l’enquête déjà menée sur langage, grammaire, institution en l’orientant vers le « nous » dans la musique.

LIEN VERS LE SÉMINAIRE COLLÈGE INTERNATIONAL DE PHILOSOPHIE, 2018-2019 (6 SEANCES) :

http://www.ciph.org/spip.php?page=activite-detail&idevt=877

Loin d’être un simple instrument de la pensée, le langage est d’emblée dans son articulation-même instaurateur d’institution. En tant qu’ « organe » ou « corps de l’esprit », il est appelé  à faire que, par « application » (mot également de Valéry) toutes possibilités humaines se trouvent vouées à l’existence manifeste, existence également de formes partagées, y compris de l’art.

Sur cette base, en quel sens la musique est-elle un miroir social ? Ce miroir est-il critique ? De quelle réflexivité s’agit-il quand l’on déclare que dans une œuvre musicale se jouent les tensions d’une société aux prises avec des formes d’aliénation ? J’entends ainsi questionner le statut du « nous » en musique, et à partir de là, la vérité de l’art.  La musique qui est le plus « complet et raffiné » des arts pour Wittgenstein se laisse-t-elle réduire à « la magie du mensonge d’être vrai » (Adorno) ? Cette vérité s’évalue-t-elle au prisme de l’œuvre ou de la performance ? Est-elle l’authenticité de l’œuvre vue sous l’angle de la partition, ou la vérité de l’exécution ? Ou l’une par rapport à l’autre ? Enfin, si « chaque son dit nous » (Adorno), que penser des musiques travaillant aujourd’hui à composer le son quitte à élaborer le matériau sonore lui-même dans « l’oubli » (Daniel Charles à propos de Cage) d’un système préalable de cohérences se réclamant d’une grammaire établie  ?

Antonia Soulez